Martin Roulleaux Dugage, auteur du blog mopsos.com nous propose un texte fort intéressant ‘pour une charte du KM’ qui pose des questions qui gênent car elles touchent directement à la relation que peux entretenir le ‘knowledge worker’ avec son employeur.
Martin Lessard traite le texte de MRD d’extreme KM et se positionne en ‘défenseur’ des droits intellectuels des travailleurs du savoir, voyant même dans la proposition de charte une tentative pour développer un ‘esclavagisme intellectuel au profit des corporations’ !!!.
Quelle que soit la réthorique employée, le talent d’écriture développé, je ne peux être d’accord avec cette vindicte tant elle est contraire à la réalité de l’entreprise.
Le ‘knoweldge worker’, comme tout autre employé est en lien de subordination avec l’entreprise pour laquelle il travaille et, souvent, un des articles de son contrat de travail définit clairement les droits et devoirs de l’employé et de la société dans le cas d’invention du salarié dans le cadre des activités professionnelles.
C’est ainsi qu’un logo trouvé par un graphiste dans le cadre de son travail sera la propriété d’une société, qu’un développement logiciel à façon deviendra la propriété du client de la SSII, qu’une invention fera l’objet d’un brevet ou d’une demande de certificat d’utilité qui sera déposé par la société…
Il n’y a pas ici d’esclavage mais des règles de fonctionnement qui sont en rapport avec un contrat régissant les relations entre deux ou plusieurs parties.
De la même façon, un point fondamental à faire comprendre aux utilisateurs d’un système d’information est qu’ils utilisent un moyen de communication mis en place par leur employeur afin de leur faciliter un travail pour lequel ils sont rémunérés. Par ailleurs, en utilisant ces moyens de communication, ils véhiculent l’image de leur entreprise à travers l’adresse de leurs emails (voire à travers l’IP publique de l’entreprise lorsqu’ils se connectent sur des sites web), que ce soit a destination de leurs familles, ou d’autres communautés proches et indirectement connectees a leur travail (syndicats etc…).
Dans les cas précités, on entre de plein pied dans le champs d’application de la propriété intellectuelle et de la défense de l’image de marque, il parait ainsi parfaitement legitime pour l’entreprise de vouloir connaitre les destinataires voire le contenu des emails echanges sous couvert de la marque de l’entreprise, voire de capitaliser sur les recherches effectuées par leurs employés sur Internet. De même, il est primordial, dans de larges organisations de permettre aux lecteurs d’identifier avec certitude (à l’aide de méta données, d’annuaires ldap, d’adresses IP internes etc…) les personnes dont il lit les contenus (qu’ils proviennent de mails, de posts, de notes papier, de coups de téléphones etc…)
De la même façon, il semble parfaitement légitime pour une société de s’approprier le résultat du travail fourni par ses salariés contre rémunération (que ce soit à travers la rédaction de blogs, de white papers, d’articles, d’inventions, une correspondance papier, téléphone ou courriel, etc….). Il ne peux y avoir de limites que celle des moyens de communication mis à disposition par l’entreprise.
On peux par ailleurs estimer que dans la mesure ou il y a le nom de l’employé et le nom de l’entreprise sur l’adresse email utilisée, l’usage du mel entre dans le cadre d’une activité salariée et/ou tout au moins relative à la fonction d’une personne au sein d’une entreprise, d’une organisation, d’une association etc… donc entre dans le cadre de l’application du contrat de travail, sous réserve qu’un article concernant les inventions ai été inclus dans celui-ci.
Donc, de facto, l’association personne / entreprise entre dans le champs d’application de la PI et sort du champ ‘privatif’.
Cette logique est malheureusement mal comprise par les employés français qui accusent alors l’entreprise de volonté de ‘flicage’.
Dans bcp de pays aujourd’hui, l’employé à intégré le fait que son poste de travail (payé par l’employeur) et que l’ensemble des flux d’informations entrant et sortant (permis par l’employeur dans le cadre de l’activité de l’employé sur son lieu de travail ou sur son matériel de travail) soient la propriété de l’entreprise.
Ce type d’argumentation ne peux donc pas avoir cours pour des sociétés du type HP (qui d’ailleurs a fait conduire un audit fort intéressant) ou P&G ou dans des pays comme les USA dans lesquels ces règles sont déjà bien intégrées et acceptées.
Le savoir issu de ce type d’approches KM systématique (à contrario d’audits ou d’entretiens ponctuels) sur la réalité du fonctionnement de l’organisation en présence ouvre tant de portes pour mieux réorganiser l’espace de travail, la communication interne, le crm ou le scm et permet ensuite tant de mesures de l’efficacité ou de la non efficacité des mesures prises que le pilotage même de l’entreprise en sera affecté (dans le bon sens) et que si les entreprises réalisent de meilleurs résultats, se sera aussi au bénéfice de ses employés !
Quand au déluge d’informations résultant de ces capitalisations, il existe aujourd’hui suffisamment de technologies pour permettre d’y faire le tri et d’en extraire un sens intéressant l’entreprise cf technologie wps par exemple.